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L’interview à maître
Stefano Surace
par « FranceJudo »


L’enquête d’ « Infos-Inter » sur Jean-Luc Rougé et Eugène Domagata, et sur leurs agissements désastreux pour la Fédération française de
Judo FFJDA, a suscité pas mal d’émotions et de débats à l’intérieur de celle-ci.

Avec un véritable déferlements dans « France-Judo » - site on line de la FFJDA - de commentaires cinglants à l’égard de ces deux personnages, de la part de profs de Judo, syndicat des profs, dirigeants et simples pratiquants.

Le responsable de « France-Judo », Sylvain Esclapez, a alors proposé une série de questions à maître Stefano Surace, auteur du fameux rapport sur le faux Ju-Jitsu de la FFJDA d’où l’enquête d’« Infos-Inter » était partie.

Et les réponses détaillées de ce grand maître n’ont pas tardées, dans certaines desquelles Esclapez se retrouve lui-même, hélas, en mauvaise posture…

Il s’agit d’une longue interview, au contenu passionnant, même si ceux qui connaissent bien maître Surace se rendent compte qu’il n’y a parlé que d’une petite partie de son parcours exceptionnel, strictement documenté.

Peut-être pour son souci humanitaire de ne pas trop humilier ceux qui, à cause de leurs insuffisances, n’arrivent pas a supporter des faits durs comme les pierres et sont tombé, les malheureux, dans une sorte de délire anti-Surace…

Vu l’intérêt de cette interview, très attendue dans plusieurs milieux sportifs et politiques, nous avons estimé utile la reporter intégralement.

Bonne lecture…


1 - France-Judo : Pouvez vous nous présenter votre parcours martial ?

Maître Surace : Je supposais que mon parcours martial était plutôt connu, vu que depuis presque un demi-siècle les médias européens et autres ont l’amabilité de s’en occuper.

« Parcours martial » ne pouvant pas se borner à signifier, à un certain niveau, les activités physiques ou d’organisation typiques extérieurement des arts martiaux, mais comportant aussi les applications qu’on fait dans la vie des principes éthiques, stratégiques et humanistes découlant des arts martiaux supérieurs.

A ce sujet, pour me limiter aux interventions des médias les plus récents et européens, je citerai les quotidiens français « Le Monde » (à la une),
« Le Figaro », et tous les autres quotidiens de l’Hexagone grands et petits, Reporters sans frontières, l’International Helsinki Federation, le quotidien britannique « The Guardian », l’espagnol « ABC », le belge « Le Soir », les italiens « Corriere della Sera », « La Stampa », « Repubblica », «Il Giornale », « Libero », « Il Messaggero » et pratiquement tous les autres de la Péninsule, magazines à large diffusion comme « Gente », les télévisions italiennes (Rai, Mediaset) françaises, suisses, et autres, et j’en oublie.

Voire les interventions en Italie, elles aussi largement reportées par les médias, du Président de la république, du Chef du gouvernement, de l’Ordre des journalistes, de la fédération des éditeurs, de ministres, de politiques et d’intellectuels de toutes orientations, de l’extrême gauche à l’extrême droite.

Toutes sources qui ont eu la bonté de ne pas ménager les commentaires les plus aimables à mon égard, et qui peuvent donner une idée concrète sur mes applications dans la vie courante des principes strictement liés aux arts martiaux supérieurs.

En tous cas, en me voulant borner aux simples activités « physiques » (de dojo et en situations réelles) je rappellerai, par exemple, les reportages dans « Karaté Bushido » par Pierre-Yves Bénoliel (« Ju-Jitsu: le retour aux sources ») ou par Jean-Paul Maillet (« Ju-Jitsu. Les techniques du Butokukai ») ; dans le magazine italien « Samurai » par Claudio Regoli (« Nihon Butokukai JuJitsu - Rencontre avec Stefano Surace ») [ les titres des journaux étrangers je les traduis en français ] ; dans le magazine japonais «Kakutogi Tsushin» par Manabu Takashima (« France. Le JuJitsu Butokukai »); dans le magazine espagnol
« El Budoka » (« Chronique d’un stage de légende ») ; dans la chaîne de magazines « Black Belt » en anglais, « Cinturon Negro » en espagnol, « Budo international » en français et en italien, « Kampfkunst » en allemand, « Cinturao negro » en portugais (« Coupe du monde Butokukai de Ju-Jitsu ») ; dans le magazine franco-allemand « Ceinture noire » par Pierre-Yves Bénoliel (« Ju-Jitsu Butokukai. Défense contre couteau ») ; dans « Kyoiku Budo » par André Loukas (« Pour un Ju-Jitsu dynamique », « Stefano Surace, le mystérieux JuJitsu Butokukai », « Triomphe du Butokukai au palasport de Rimini en Italie devant 10.000 spectateurs ») dans le magazine italien « Il Mediterraneo » par Giovanni Boccacciari (« Dure leçon de Surace au gorille de la Reine ») ; dans les quotidiens italiens « La Voce » (« Chirac décore Stefano Surace »),
« Il Messaggero Veneto » (« Arts martiaux. La coupe du monde de ju jitsu Butokukai », « Ju-Jitsu Butokukai, Andrea Stoppa au sommet mondial »,
« Coupe du monde de ju jitsu. Stoppa vaut de l’or »,)
et « Il Gazzettino »
(« Stage de Ju Jitsu Butokukai avec le maître ») ; ou les reportages dans les émissions télé japonaises, françaises, italiennes, américaines, suisses, hongroises… et j’en oublie toujours.

Ou les reportages diffusés par des agences de presse telles, par exemple,
« Associated Press », « ANSA », « ADN-Kronos », « Infos-Inter ».

Outre certains de mes articles qu’on peut trouver même dans nos web-sites, dont je me bornerai à citer par exemple « Ca se discute sur les arts martiaux : débat libre ? » ou « Démasquons une manipulation effrontée ».

Ou bien certains de mes livres en français (« La plume et la main vide » et
« Enquête sur le Ju-Jitsu en France ») ou en italien (« Caro Pertini »).

Ainsi étant donc les choses, je supposais que mon parcours martial était suffisamment connu pour ne pas revenir sur le sujet…

Mais puisque tu me demandes également de le tracer, cela me fait supposer que tu estimes quand même utile d’en parler… Et je me dois de répondre à tes questions.

Je te préviens toutefois que pour être suffisamment exhaustif - ainsi que tu souhaites, à ce que j’ai pu comprendre - je ne pourrai pas être, hélas, très bref même si je tâcherai de synthétiser.

Bon.

J’ai été initié aux techniques et à l’éthique du Ju Jitsu Butokukai dès 1943, à l’âge de 10 ans, par mon père, professeur issu de l’Institut supérieur d’éducation physique de Rome (la grande école italienne d’éducation physique célèbre à l’époque) et l’un des dirigeants du mouvement de la jeunesse en Italie.

A la suite d’échanges discrets entre les gouvernements italien et japonais, à l’époque alliés, mon père avait été formé en Italie dans les années 30 par deux maîtres japonais - Ishiguro, 7e dan, et Matakatzu, 4e dan - au Ju-Jitsu mis au point par les grands maîtres du Butokukai.

C’est-à-dire de l’Académie impériale japonaise des Art Martiaux, qui réunissait dans son siège central à Kyoto, le Busen, entre autres les maîtres des 11 plus importantes écoles japonaises de Ju-Jitsu.

Le projet était que mon père, par la suite, devait former à ce Ju-Jitsu des centaines d’instructeurs italiens qui, à leur tour, devaient le répandre massivement parmi la jeunesse de la Péninsule.

Pourtant, une fois la formation de mon père complétée, ce projet fut interrompu par le déclenchement de la 2e guerre mondiale, mon père ayant été affecté au front yougoslave, caractérisé par une guérilla sans merci où un expert en Ju-Jitsu pouvait être fort utile.

Or, je suis né en Sicile en 1933 mais, avec le débarquement américain, ma famille dut partir dans le Nord de l’Italie.

Il y avait beaucoup de rivalité à l’époque entre Nord et Sud d’Italie et, à cause de mon accent et de mon tempérament un tantinet provocateur, à l’école je devais me battre sans cesse avec des garçons plus âgés que moi.

Voyant cela mon père, pendant une permission de 15 jours pour Noël, décida de m’initier au Ju-Jitsu pour que je puisse me défendre dans les meilleures conditions.

Pendant ces 15 jours il me fit entraîner 4 heures le matin et 4 heures l’après-midi avec, à tour de rôle, de mes petits camarades, en m’apprenant ainsi les bases de ce Ju-Jitsu.

Si bien que, lorsque je retournai à l’école, après quelques petites… démonstrations je devins l’ami de tout le monde.

A cette époque, avec la guerre, les enfants étaient un peu abandonnés à eux mêmes. Nous formions des bandes, et les bagarres étaient fréquentes.

Durant cette période de bagarres presque quotidiennes et méchantes, avec des garçons habituellement plus âgés, je pus appliquer ces techniques dans un grand éventail de situations très concrètes, et m’y peaufiner en constatant chaque fois leur efficacité étonnante.

Or, à la fin de la guerre l’Empereur du Japon, après les bombardements nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki, pour éviter la destruction de son peuple donna l’ordre à tous les Japonais de se rendre, pour la première fois dans l’histoire de ce pays.

Mais les maîtres du Butokukai, restés liés à l’éthique traditionnelle des samouraï qui leur interdisait de se rendre (plutôt mourir honorablement) refusèrent.

Quant aux Américains, ils exigèrent que le Japon leur livre, au titre de réparation des dommages de guerre, certains secrets qu’il gardait jalousement : dont celui de la fabrication des perles artificielles et, surtout, ceux des «hauts» arts martiaux, notamment le Ju-Jitsu.

Ils arrivèrent à obtenir le secret des perles mais, quant aux arts martiaux, ils se heurtèrent au refus net des grands maîtres du Butokukai.

Ceux-ci en fait, n'ayant pas accepté de se rendre, considéraient toujours les Américains en ennemis… Pas question donc de leur livrer des secrets militaires.

Ces maîtres décidèrent alors que les arts martiaux japonais authentiques de haut niveau devaient disparaître, pour qu’ils ne tombent pas aux mains des Américains.

Ce risque fut, d’ailleurs, éliminé à la racine : la plupart de ces maîtres se firent «seppuku».

Et les Américains ne purent qu’imposer la suppression du Butokukai, par un article spécifique du traité de paix.

Pourtant deux de ces maîtres, du plus haut niveau, s’étaient refugiés secrètement en Italie, ayant été mis en contact avec mon père.

Lequel entre temps était rentré en Italie, car lui et ses soldats avaient été, pas par hasard, parmi les rares combattants italiens que les Yougoslaves n’avaient pu massacrer.

Il put donc cacher et protéger en Italie les deux grands maîtres japonais.

Lesquels, pour le remercier, lui complétèrent les connaissances en Ju Jitsu qu’il avait déjà reçues par Ishiguro et Matakatzu, en y ajoutant une série de techniques et de principes « secrets » - dans le sens qu’ils étaient réservés au plus haut niveau - dont certains mouvements dits « polyvalents » qui multipliaient l’efficacité des techniques.

Cela avec l’engagement formel, de la part de mon père, de ne jamais l’enseigner exception faite, selon la tradition, pour son fils aîné, à savoir moi-même.

Avec cela mon père devenait ce qui, dans le langage traditionnel des arts martiaux japonais, est appelé «Menkyo Kaiden», soit quelqu’un auquel a été «tout donné» d’un art martial, le grade le plus élevé dans ce domaine : traduisible pratiquement, dans un langage plus courant aujourd’hui, en 10e dan.

Lorsque, par la suite, la situation au Japon se fut suffisamment calmée, ces maîtres y retournèrent après avoir engagé mon père, pour des raisons évidentes, à ne pas révéler leurs identité.

Une fois au Japon, et jusqu’à leur décès intervenu quelques années plus tard, ils se retirèrent dans leurs maisons sans jamais en sortir, refusant tout contact avec leurs compatriotes qui, s’étant rendus, étaient à leurs yeux des sujets à ne pas fréquenter.

Entre temps j’avais assez grandi et je pus m’entraîner directement avec mon père pendant plusieurs années. Je pus ainsi bénéficier des dernières connaissances qu’il avait reçues de ces grands maîtres, qu’il ne donna à personne d’autre, en respectant ses engagements.

Avec cela je devenais, paradoxalement, moi aussi «Menkyo Kaiden» sans pourtant le savoir, mon père m’estimant trop jeune pour me le dire. Il ne me le révélera que bien plus tard, peu avant sa mort.

Je me trouvai donc à être, suite à ces circonstances exceptionnelles, probablement le plus jeune Menkyo Kaiden de tous les temps. Chargé, sans le soupçonner, de garder un savoir qui était le résultat de siècles d’expériences acquises, affinées et testées sur les champs de bataille par de longues filières de grands maîtres.

Mais, outre aux techniques, mon père m’avait formé aussi à l’éthique des arts martiaux supérieurs japonais, le Bushido : dont les règles principales sont « Gi (amour de la vérité), Yu (courage jusqu’au bout), Jin (bienveillance envers l’humanité), Rei (sens de la justice).

Si bien que, devenu journaliste, j’appliquai tout naturellement ces principes, et le journalisme devint pour moi un moyen privilégié pour me battre jusqu’au bout contre toute injustice.

Je commençais donc normalement mes enquêtes et mes campagnes de presse juste là où mes collègues «jetaient l’éponge».

Il s’agissait évidemment de sujets à risques, qui me permirent des «scoops» retentissants et m’attirèrent pas mal de popularité et d’ennuis, me mettant au centre de polémiques acharnées et de procès bruyants pour affaires de presse qui faisaient souvent le tour du monde.

Qualifié à la fois de « pirate du scandale », « plume-dynamite », « D’Artagnan du journalisme » où « héros civil », les plaintes pour délit de presse qu’on m’adressait ne se comptaient plus; mais les procès s’achevaient régulièrement en ma faveur et les tribunaux, dans leurs «attendus», montraient beaucoup d’amabilité en soulignant «la haute valeur éthique et sociale» de mes campagnes.

Tout cela me poussa à une carrière rapide: vite envoyé spécial, et ensuite directeur de plusieurs hebdomadaires italiens à large diffusion, tels ABC (célèbre dans le années 60 et début 70 pour ses «scoops» retentissants) et AZ, autre hebdomadaire spécialisé en «scoops» dont j’étais directeur, et où je disposais d’une équipe de journalistes de choix.

Des magazines étrangers à grande diffusion, tels les allemands « Quick » et
« Neue Revue » (mais aussi des agence de presse françaises) prirent l’habitude de s’appuyer sur moi pour les reportages en Italie estimés difficiles.

Un jury de journalistes, présidé par le critique Mario Tilgher, décerna en 1982 à l’un des mes livres, « Caro Pertini » (« Cher Pertini ») le prix du « Livre de l’année ».

Dans cette activité « à risque » je me trouvai aussi confronté à des situations d’agressions physiques avec danger de mort, dont certaines eurent des échos dans les médias et dont je parlerai tout à l’heure. Et si chaque fois je pus me tirer d’affaire, je le dois aux techniques Butokukai.

Par la suite, toujours en suivant ma carrière de journaliste, je me transférai dans les années 80 à Paris en tant que correspondant, accrédité par le gouvernement français, d’une agence de presse italienne.

Mon père était entre temps décédé, et je m’entraînais confidentiellement, avec quelques amis, dans une salle de l’église de la Mission catholique italienne à Paris, rue Jean Goujon dans le 8e arrdt.

De cela eut vent l’historien des arts martiaux Sylvain Salvini, ancien président de la fédération de boxe française savate, qui avait pratiqué aussi la forme de Ju-Jitsu introduite en France par maître Kawashi.

Salvini assista donc à quelques uns de nos entraînements, ce qui lui permit de saisir la différence de niveau entre ce Ju-Jitsu et ce qu’on enseignait en France sous ce nom.

Frappé par cette découverte, il s’empressa d’en parler à Pierre-Yves Bénoliel, rédacteur en chef du magazine « Karaté-Bushido », qui me demanda une interview.

Je ne sus pas opposer un refus à cette requête à la fois gentille et pressante d’un confrère journaliste, et le résultat fut un très beau reportage sur quatre pages, dont l’une des photos deviendra célèbre.

Mais le problème est que, à la fin de l’article, était indiqué aussi mon numéro de téléphone… Ce qui attira sur mes entraînements, jusque là confidentiels, une véritable ruée d’enseignants et de vieux pratiquants de plusieurs disciplines martiales, souhaitant découvrir ce Ju-Jitsu.

Parmi eux, Carmine Arbia, l’un des dirigeants à l’époque de la fédération de Taekwondo (responsable des compétitions internationales) et Daniel Mercier, professeur de physique qui enseignait aussi le Tai Chi à l’université de Jussieu, avec des cours officiels valables pour les notes d’unités de valeur.

Je fus donc obligé d’officialiser nos entraînements en fondant, avec Arbia et Mercier, le « Jujitsu Butokukai Club de France – Fédération française de Ju Jitsu Butokukai et disciplines associées (FFJJBA) ».

Mon père étant décédé, l’engagement de ne pas enseigner cet art martial était en fait terminé.

En même temps je m’assurai l’exclusivité de l’usage en France du label
« Butokukai » en le déposant à l’INPI, et je fondai le World Butokukai Institute.

Or, la rumeur de l’efficacité de notre Ju-Jitsu s’était répandue rapidement, grâce notamment à ces profs et vieux pratiquants devenus mes élèves. Si bien qu’universités, grandes écoles, organisations culturelles, fédérations sportives, clubs, entreprises, organismes publics (y compris armée et police) me demandèrent d’organiser des http://surace-jujitsu.fr/jujitsu/cours/Cours-JuJitsu-Butokukai.php3">cours permanents et des stages intensifs pour leurs cadres, leurs personnels, leurs membres.

Ne pouvant pas satisfaire toute ces demandes, je me bornai à organiser des cours permanents pour l’université de Jussieu (Paris VI et Paris VII), l’Ecole Normale Supérieure de Cachan, l’Institut Supérieur de Physique et Chimique de la Ville de Paris, l’université de Versailles, le Crédit du Nord, le club CKF-Bondy, la mairie de Paris (notamment dans le 5e , le 10e et le 17e arrdt), l’EDF-GDF, l’Armée (au nouveau Fort de Vincennes) la police (cours pour policiers
« de terrain » à Gambais, mais aussi beaucoup de fonctionnaires et dirigeants de police à tous les niveau s’entraînaient dans nos autres cours).

Et, hors Ile de France, à Annecy (Ecole régionale de commerce) aux universités de Chambéry et de Marseille, à Bordeaux, Gex, Villaz, Rennes, Lyon, Digne, Nice ; dans les DomTom, à l’Ile de la Réunion ; à l’étranger à Londres (université d’Oxford) à Genève (Suisse), à Madrid (Espagne), à Pordenone (Italie) à Dresde (Allemagne).

Je tenais aussi périodiquement des stages à Paris, Bordeaux, Chartres, Annecy, Gex (Ain) Villaz (Haute Savoie), Canion de la Maglia (Alpes Maritimes) La Baule, Arcachon, St Tropez, Genève, Logroño, Pordenone ; à certains desquels participaient, en tant qu’élèves, aussi des enseignants de haut niveau, japonais et occidentaux, d’autres disciplines martiales, notamment Judo et Karaté.

Evidemment ce développement si rapide fut possible grâce en grande partie aux profs de Judo, Karaté, Taekwondo, Tai Chi, Boxe Thaï qui avaient compris, ainsi que Salvini, le niveau de notre Ju-Jitsu, et se mobilisèrent pour me faire ouvrir toutes les portes nécessaires, même politiques.

Je ne connaissais pas en fait à l’époque grand monde en France, m’y étant installé depuis trop peu de temps.

Notamment je fus frappé par la gentillesse de la Mairie du 5e arrondissement de Paris (quartier où j’habitais) où entre autres tout le monde s’efforçait de me parler en italien…

Et ainsi de la Ville de Paris, qui me combla littéralement d’honneurs.

Je pus organiser ainsi d’abord deux éditions de la Coupe du Monde WBI de Ju-Jitsu en 1993 en France (à Bondy) et en 1994 en Italie (au Palasport de Rimini, avec 10.000 spectateurs) avec un règlement visant à évaluer le plus fidèlement possible le niveau d’efficacité des compétiteurs en cas de situations «réelles», «de combat total», «de survie».

Et donc où aucun réflexe, technique ou posture de protection ou d’attaque qui soit efficace en situations réelles n’était entravé, à la condition qu’on l’applique même rudement, mais sans porter atteinte grave à l’intégrité physique de l’adversaire.

Cela selon l’esprit Budo qui vaut aussi pour les situations réelles, où on vise normalement à neutraliser l’adversaire sans le blesser grièvement, sauf en cas extrêmes.

Tout cela avait fini par me passionner, vu la demande aussi montante de cette discipline, témoignant évidemment une exigence d’authenticité très ressentie dans les milieux français et internationaux des arts martiaux ; et vu l’évolution personnelle étonnante que je constatais chez mes élèves, aussi dans leur vie de tous les jours.

De plus, je sentais cette responsabilité d’assurer la survie d’un art martial faisant partie du patrimoine universel, et qui autrement se serait perdu.

Entre temps, au Japon, les milieux de haut niveau des arts martiaux s’efforçaient de récupérer le plus possible du savoir des grands maîtres jadis du Butokukai.

Savoir qui faisait partie du patrimoine profond du Japon mais que ces maîtres, en se faisant seppuku, avaient voulu faire disparaître pour qu’il ne tombe pas aux mains américaines.

Ces milieux connaissaient l’histoire de mon père et des grands maîtres qu’il avait cachés en Italie, et savaient que ceux-ci avaient légué leur savoir à lui qui les avait protégés et, comme eux, ne s’était pas rendu.

Ces milieux savaient aussi que mon père m’avait transmis ces connaissances, si bien que moi, un Occidental, je me trouvais paradoxalement à être le seul héritier existant de ce savoir nippon profondément traditionnel.

Pour récupérer lequel ils ne pouvaient donc s’adresser qu’à moi-même, pourvu que j’accepte de le leur redonner, ce dont ils n’étaient pas très sûrs.

On prit donc contact avec moi.

D’abord maître Tsuneyoshi Ogura, 10e dan (le même qui a donné les grades jusqu’au 9e dan à maître Henri Plée, le pionnier du karaté en France).

Débarqué à Paris, il m’invita publiquement à un long séjour de trois ans au Japon, tout frais payés.

Mais je ne pus accepter cette invitation si gentille, mes engagements professionnels de correspondant de presse à Paris m’obligeant à ne pas quitter l’Europe.

Par la suite maître Michio Hikitsuchi (le seul qui avait reçu son 10e dan directement de maître Ueshiba) de passage à Paris, m’invita à un dîner traditionnel dans le pavillon où il logeait.

Au cours de ce dîner, très restreint, il essaya lui aussi de me pousser à accepter l’invitation de me rendre au Japon, mais je dus encore la décliner pour les mêmes raisons.

Parmi les quatre autres personnes participant au dîner, il y en avait une qui, connaissant le cérémonial japonais traditionnel, s’étonna que le maître me traitait selon le cérémonial « d’égal à égal ».

Il lui en demanda la raison, et la réponse fut « ce monsieur connait les arts martiaux à un très haut niveau », son ton décourageant toute autre question.

Le fait que je n’acceptais pas d’aller au Japon créait pourtant une impasse aux efforts des maîtres japonais pour récupérer les enseignements supérieurs du Butokukai.

Toutefois, entre temps, le rôle d’organisme régissant l’ensemble des arts martiaux japonais, couvert jusqu’en 1945 justement par le Butokukai, avait été assumé par la « All Japan Budo Federation - Nippon Seibukan » présidée par maître Masafumi Suzuki.

Lequel alors décida, en 1992, de faciliter l’élimination de cette impasse en reconnaissant formellement mon Menkyo Kaiden avec une attestation spécifique.

Cette attestation me fut transmise, avec beaucoup de diplomatie (car on n’était pas encore sûr que je l’accepte, tandis qu’en réalité je m’en sentais honoré) par son représentant en Europe, maître Vernon C. F. Bell, président de la European Ju Jitsu Union, et par son bras droit, maître Javier Galan Vazquez.

European Ju Jitsu Union qui par la suite, au nom aussi de la International Ju Jitsu Federation qu’elle représentait en Europe, ajouta à mon grade traditionnel de Menkyo Kaiden celui moderne de 10e dan, et la charge de directeur technique pour l’Europe.

Le 10e dan me fut ensuite reconnu aussi par toute une longue série d’organismes internationaux et nationaux : IJJF, AJBFSA, WUMA, ATAMA, WBFOMA, IBA, IHF, BI, IBS, KBK, ESJJAS, ASAY, WJJABF, AYBK, HNL, qui me couvrirent eux aussi de gentillesses.

Cela permit des échanges intéressants entre notre discipline et les milieux mondiaux de haut niveau des arts martiaux, grâce aussi à des stages en Espagne et à Paris, auxquels participaient de maîtres hauts gradés de différents pays et à des échanges de visites entre maîtres.

Je citerai aussi, parmi les tentatives de contact, celui d’une association privée qui, grâce au fait qu’entre temps les Etats-Unis avaient révoqué l’interdiction d’utiliser au Japon le mot Butokukai, avait assumé cette dénomination et, représentée par quelqu’un appelé Hamada, essayait de se présenter comme l’héritière du vieux Butokukai.

Cette association me proposa de la représenter en France, mais je refusai car j’avais déjà accepté d’y représenter le Nippon Seibukan de maître Masafumi, qui ne la reconnaissait pas.

Cela n’empêche que quelques uns de ses membres sont sûrement de bonne foi, et avec eux je garde donc des bons rapports personnels.

Reste le fait qu’il ne suffit pas fonder une association privée en lui donnant le nom « Butokukai » pour pouvoir prétendre qu’elle soit l’héritière légitime du Butokukai d’avant guerre…

Pour cela il faudrait en avoir hérité le savoir… Ce qui n’était pas manifestement le cas pour cette association.

De plus, moi personnellement je n’ai rien contre les Américains, mais il me semblait étrange que le « siège international » de cette association soit aux Etats-Unis…. Il y avait de quoi faire se retourner dans leurs tombes les grand maîtres du Butokukai, qui s’étaient suicidés pour ne pas avoir à faire justement, avec les Américains.

Entre temps ce qui précède n’avait pas tardé à attirer l’attention des autorités françaises. Si bien que, en 1993, M. Jacques Chirac me décora pour mes
« mérites de journaliste, écrivain, maître d’arts martiaux de renommée internationale, éducateur de jeunes et créateur de champions » et pour « avoir fait renaître à Paris le Ju-Jitsu authentique de haut niveau » qu’on pensait désormais perdu même au Japon.

Or, en France les autorités quelques années auparavant avaient confié l’enseignement du Ju-Jitsu à la fédération de Judo FFJDA, mais étaient désormais bien conscientes que ce qu’elle enseignait n’avait pas grand chose à voir avec ce prestigieux art martial.

N’étant qu’une tentative d’appliquer le judo, discipline sportive, à la self défense, ce qui la rendait même dangereuse pour qui l’utilisait, facilitant l’action de l’adversaire.

Cette situation comportait des conséquences négatives non seulement pour la jeunesse française, privée de pratiquer une discipline profondément formative tel le Ju-Jitsu authentique, mais aussi pour la police, la gendarmerie, l’armée, lesquelles étaient obligées de rechercher l’efficacité dans toutes sortes d’autres disciplines, avec des résultats souvent décevants.

Qu’il suffise de dire que la police française était la seule au monde à ne pas former ses effectifs au Ju-Jitsu, se refusant d’adopter celui présenté par la FFJDA comme « officiel » pour la France.

En l’estimant justement inefficace, et même suicidaire, dans les situations réelles, et donc loin de donner aux policiers des garanties suffisantes de sécurité sur le terrain, et de ne pas faire de bavures, ainsi que souligné même par leurs organismes professionnels.

Même situation pour la gendarmerie nationale et l’armée, qui s’entraînaient à tout sauf à ce « Ju-Jitsu » de la FFJDA.

Cela mettait la France dans un état d’infériorité face aux autres pays européens dans des secteurs si délicats (qu’il suffit de dire que les « bobby » britanniques pouvaient se permettre de n’être pas armés étant entraînés, eux, à une forme assez performante de Ju-Jitsu).

Il s’avérait en outre que beaucoup de judokas de la FFJDA, au moment de s'orienter vers la pratique du Ju-Jitsu - évolution tout à fait naturelle, prévue même par le fondateur du Judo, maître Kano – ne trouvaient pas d’autre solution que de chercher l’efficacité ailleurs, abandonnant massivement cette fédération.

On assistait donc au spectacle de quantité d’ex judokas tournant en rond des années durant, passant par exemple d’abord au karaté ou au taekwondo pour y apprendre des atémis, ensuite à l’aïkido pour y apprendre des clés… Et ensuite essayer d’autres disciplines se présentant sous une série impressionnante de noms chinois, japonais, vietnamiens, thaïlandais, indiens, malais, français, etc. etc…

Avec pour résultat de se retrouver régulièrement avec quantité de reflexes souvent en conflit entre eux… Ce qui normalement ne contribuait pas beaucoup à leur efficacité.

La FFJDA donc, ne pouvant offrir un Ju-Jitsu digne de ce nom, voyait se volatiliser de plus en plus vite ses propres effectifs jeunes et adultes, et avec eux s’écrouler le nombre des licences et donc les subventions, vu que pour chaque licence l’Etat ajoutait un joli versement.

Le charme insuffisant du « Ju-Jitsu » de la FFJDA faisait donc fuir massivement ses judokas et renforcer les effectifs des fédérations de Karaté, Taekwondo et des dites disciplines variées…

Or, pour remédier à cette volatilisation de licences et donc de subventions, les responsables de la FFJDA ne trouvèrent rien de mieux que de recruter massivement des enfants de moins en moins âgés, avec le résultat de transformer une grande partie de ses dojos en garderies.

Lesquelles se trouvaient confiées à des hommes, et non pas à des femmes comme dans les garderies normales. Ce qui – et ce n’était pas difficile à prévoir, vu les temps qui courent – ne pouvait qu’ouvrir la porte à des phénomènes de pédophilie, facilités en plus par les contacts physiques comportés normalement par le Judo.

Si bien que la magistrature dut intervenir avec plusieurs condamnations qui arrivèrent même, dans un cas, à 20 ans de réclusion criminelle (il s’agissait d’un professeur de Judo 7e Dan de la FFJDA).

Ce qui salissait fatalement l’image d’une catégorie comme celle des profs de Judo, formée en réalité pour 99,99% d’éléments très corrects.

Tout cela aurait donc dû pousser les responsables de la FFJDA à la prudence élémentaire d’arrêter ce recrutement d’enfants, et cette prolifération de dojos-garderie.

Au contraire, ils persistaient sans se gêner, arrivant à lancer de la publicité massive, même à la télé, pour pousser les parents à envoyer leurs enfants à…
« jouer au Judo » !

Il était donc clair qu’ils ne se souciaient pas des risques que les enfants pouvaient encourir, et de ladite mauvaise image qui planait injustement sur les profs de Judo… Ce qui intéressait ces dirigeants n’étant que le côté argent.

Côté pour lequel l’un des responsables de la FFJDA, M. Jean-Luc Rougé (d’abord directeur technique national, ensuite directeur administratif et actuellement président) semblait avoir un penchant remarquable : par exemple, s’étant présenté comme candidat à des élections législatives, il avait été déclaré inéligible par le Conseil Constitutionnel, car il n’avait pu expliquer où il avait pris l’argent qu’il avait largement dépensé pour sa campagne électorale.

Ce qui avait fait penser qu’il l’avait détourné des fonds de la FFJDA.

Ensuite le même Rougé, en tant que directeur administratif, eut du mal à faire connaître les comptes de la FFJDA, si bien que le tribunal administratif de Paris condamna cette fédération à les communiquer sous astreinte d’une pénalité par jour de retard.

En outre, à la suite d’autres « affaires », le Grand Orient de France le désavoua publiquement et l’expulsa.

Or, l’origine de ces problèmes plutôt catastrophiques de la FFJDA était donc l’insuffisance de ce que ses dirigeants présentaient comme Ju-Jitsu, et qui poussait donc les judokas jeunes et adultes à partir chercher ailleurs quelque chose d’authentique et d’efficace.

Avec pour conséquence la baisse galopante de licences, qu’on avait essayé de « compenser » par ce recrutement massif d’enfants.

Tout cela ne manqua pas d’inquiéter de plus en plus les autorités françaises, qui essayèrent de résoudre le problème en « poussant » avec fermeté les responsables de la FFJDA (précisément le même M. Rougé et M. Eugène Domagata, directeur technique du secteur Ju-Jitsu) à me contacter, pour qu’ils adoptent notre Ju-Jitsu dont l’efficacité, de plus non violente, étaient bien connue ce qui aurait aussi permis entre autre de récupérer les jeunes et les adultes.

Ce projet était commenté favorablement aussi par la presse.

« Cible 28 » par exemple, sous le titre «Le Ju Jitsu Butokukai: le ‘must’ de la self défense», écrivit « Dans le contexte actuel, où l’on assiste à un regain d’intérêt pour ce type de pratique, les fédérations officielles elles-mêmes sont à la recherche d’une méthode qui puisse répondre aux besoins exprimés par leur base. En ce sens, des contacts ont été pris entre M. Surace et la Fédération officielle de Judo (FFJDA) et le ju jitsu du Butokukai pourrait donc ainsi, dans un proche avenir, devenir une composante de cette fédération, voire la référence en matière de ju jitsu ».

Or, à ce point MM. Rougé et Domagata auraient dû sentir le devoir de partager, et avec entrain, ce projet qui résolvait cette série de problèmes qui s’étaient enchaînés, en une sorte de spirale perverse, dans la FFJDA.

Au contraire ils firent l’erreur capitale – lourde de conséquences désastreuses pour la FFJDA - de protester indignés pour cette… « imposition » du ministère !

Et ne pouvant pas nier la fausseté de leur « Ju-Jitsu », ils assurèrent formellement qu’ils étaient juste en train d’en mettre au point un autre, très performant celui-ci.

Hélas, le résultat fut pire que le précédent : ce Ju-Jitsu « performant » n’étant qu’une succession de karaté sportif et de judo… Et la volatilisation des jeunes et des adultes se fit encore plus massive.

Si bien que Rougé et Domagata ne trouvèrent rien de mieux, pour
« compenser » cette perte ultérieure de licences, que de recruter même les gamins de… 3 ans !

A ce point la FFJDA touchait vraiment le fond : les jeunes et les adultes étant écroulés dramatiquement à… 25 % du total, le 75% restant étant des enfants !

Et cela tout simplement parce que le duo Rougé-Domagata n’avait pas voulu remplacer leur « Ju-Jitsu » bidon par le nôtre…

De plus l’exode des jeunes avait compromis aussi la relève des compétiteurs de Judo entre temps « vieillis », ce qui amena aussi une baisse verticale de résultats dans les compétitions internationales de Judo.

Evidemment tout cela suscita de fortes critiques à l’encontre de Rougé au sein même de la FFJDA, mais la solution fut très simple : toute une série de dirigeants qui n’appréciaient pas ces situations se virent éliminés comme des malpropres : Fabien Canu, Stéphane Traineau, Yves Delvingt, François Fournier.

Entre temps, nous continuions nos activités, bien que MM. Rougé et Domagata, me voyant comme une sorte d’épée de Damoclès suspendue sur leurs têtes, avaient tenté l’impossible pour les « bloquer », avec pressions de tout genre auprès un large éventail d’autorités qui par contre, connaissant la situation, leur avaient opposé une fin de non recevoir.

On avait même assisté à un phénomène assez ahurissant : depuis certains forums sur Internet partaient des avalanches d’insultes contre moi-même et notre Ju-Jitsu…

Avec le résultat que ces insultes, visiblement débiles, ne faisaient que stimuler la curiosité de ceux qui les lisaient, qui venaient donc nombreux à assister à nos cours… et pour la plupart s’y inscrivaient.

Environ 20% de nos élèves viennent en fait de là…

Entre autre, les auteurs de ces insultes se sentaient courageusement protégés par l’anonymat, mais il ne fut pas difficile de les identifier.

En outre on assista au fait que le quotidien « Le Parisien » fit paraître un article sur moi-même farcis de mensonges… Avec le résultat que son directeur, un rédacteur et son éditeur se sont vus condamnés pour diffamation, avec jugement définitif et exécutoire.

Nos activités se développaient donc vigoureusement pendant ces années, où entre autre nous avons organisé deux autres éditions de la Coupe du monde WBI en 1997 à Vincennes (dans le cadre du Salon des arts martiaux patronné par « Karaté-Bushido ») et en 2004 à Paris, aux Arènes de Lutèce, dont le Comité d’honneur était présidé par le Ministre français des sports Jean-François Lamour et comptait les plus illustres maîtres de Ju-Jitsu du monde, presque tous les 10e dan actuellement existants.

Ce dont Rougé et Domagata ne pouvaient même pas rêver, les grands maîtres de Ju-Jitsu étant bien loin de les cautionner.

Coupe du Monde dont se sont fait vivement l’écho les télévisions de différents pays et la presse écrite spécialisée et d’actualité, avec des reportages en 7 langues diffusés dans une vingtaine de pays.

Les choses étant ainsi, la position de Rougé et Domagata était devenue bien précaire, leurs agissements ayant produit des dommages de taille.

Alors certaines autorités sportives et politiques essayèrent de leur tendre une perche, en les «encourageant » à se rencontrer à nouveau avec moi.

Mais on était désormais en 2005, c'est-à-dire pas moins de 13 ans après la rencontre précédente qui, à cause de la bêtise des deux, avait marqué le début du désastre de la FFJDA… 13 ans pendant les quels ils en avaient fait, nous l’avons vu, de toutes les couleurs.

Bon, cette nouvelle rencontre de 2005, et ce qui s’ensuivit, n’est que de la chronique récente bien connue : je testai à l’INSEP Domagata et ses élèves et, en essayant de les aider, je leur expliquai verbalement, et noir sur blanc, pourquoi ce qu’ils faisaient était bien loin du Ju-Jitsu.

Mais le bon Rougé, au lieu de saisir cette deuxième perche qu’on lui avait tendue, totalement paumé sous l’emprise d’une rage incontrôlable contre ce méchant maître Surace, source de ses malheurs, ne trouva rien de mieux qu’envoyer en catimini à certaines autorités des faux « signalements » sur moi…

En tombant ainsi dans la position peu confortable de devoir en répondre en justice.

Décidément le QI, si on ne l’a pas, on ne peut pas se l’inventer…

Avec cela, il avait emprunté en fait le chemin malheureux déjà parcouru par le directeur du « Parisien », qui s’était trouvé justement condamné pour diffamation pour avoir eu, lui aussi, la bonne idée de diffuser des mensonges sur moi.

à cela près que la position de Rougé apparaît bien plus grave que celle dudit condamné, ses mensonges ayant été adressés spécifiquement à des autorités compétentes, si bien qu’on sort du domaine de la simple diffamation pour tomber dans celui bien plus grave de la dénonciation calomnieuse, qui prévoit une peine de cinq ans d'emprisonnement et de 45 000 euro d'amende.

Conclusion, en résumant ce qui précède, l’acharnement du couple Rougé-Domagata pour empêcher l’adoption par la FFJDA de notre Ju-Jitsu (contre la volonté du ministère et les aspirations d’efficacité plus que légitimes de la base) a engendré une véritable spirale de désastres pour cette fédération.

A savoir la volatilisation des effectifs jeunes et adultes, avec perte massive de licences « compensée » par ce recrutement insensé d’enfants avec transformation de la plupart des dojos en garderies, ce qui a favorisé prévisiblement des infiltrations de pédophilie et conséquent grave préjudice immérité pour l’image des profs et du Judo français… Voire l’écroulement des résultats dans les compétitions internationales de Judo, faute de jeunes qui prennent la relève, et le refus de la police et de la gendarmerie d’adopter leur… « Ju-Jitsu officiel ».

On dirait que ces deux messieurs ont déjà fait assez de dégâts pour que les autorités du secteur les affectent à des tâches plus adaptées à leurs ahurissantes caractéristiques…

Bon. A ce point je suppose que, pour compléter le résumé de mon parcours martial, je dois ajouter mon palmarès…

Je précise tout de suite qu’il ne s’agit pas d’un palmarès « sportif » mais, dans la stricte tradition du Ju-Jitsu, d’affrontements réels auquels j’ai dû faire face, notamment pendant mes activités de journaliste d’enquêtes.

Je me bornerai à citer ceux qui sont déjà connus, car reportés par les médias.

Voyons.

En 1963 la reine Elisabeth d’Angleterre avait débarqué à Naples de son yacht personnel, le «Britannia», pour se rendre à Rome en visite officielle au président de la République italienne, M. Gronchi.

A Naples étaient restés les marins de son yacht, que la presse décrivait comme des braves particulièrement redoutables. Ils étaient, entre autres, les gardes du corps de la souveraine, lorsqu’elle était à bord.

Se trouvant en permission, ils se promenaient en groupe bruyant dans les rues du centre ville, la nuit.

Mais c’était sans compter avec ces terribles gamins napolitains, connus sous le nom de scugnizzi.

L’un d’eux crut bon de passer un chiffon sale sur la figure de l’un de ces marins, histoire de rigoler. Furieux, le marin se lança à sa poursuite.

Je me promenais paisiblement, après avoir dîné dans le restaurant «Ciro a Santa Brigida» avec des comédiens (à l’époque je m’occupais aussi de critique des spectacles) lorsque je me trouvai sur la trajectoire de ce marin. Le choc fut inévitable. Surpris, je le bloquai.

L’Anglais, d’une force herculéenne, essaya de m’étrangler par ma cravate ; je m’en libérai avec une projection en sutemi, doublée d’une série d’atemis qui le laissèrent k.o.

L’épisode fit d’autant plus de bruit qu’un fourgon de police, qui passait par hasard juste à ce moment, embarqua les marins anglais (pratiquement la totalité du fidèle et redoutable équipage de la reine) et les mit en taule.

Cela produisit une sorte d’incident diplomatique, immédiatement étouffé. Seuls quelques journaux relatèrent brièvement l’épisode. L’un d’eux intitula son article « Dure leçon d’un confrère au gorille de la reine ».

En 1970, pendant une enquête de presse dans le « brûlant » port de Naples, je fus agressé par un docker de 150 kilos, armé d’une chaise. Je le neutralisai avec une esquive et une touche à un point sensible. Tout le port resta étonné que son champion ait pu être battu par un «intellectuel» à l’allure si paisible.

Cet épisode me rendit si populaire dans ce port, que les marins et les dockers me voulurent président d’un de leurs syndicats.

1964. Toujours à Naples, une vingtaine de marines américains de la base OTAN de Bagnoli, à deux heures du matin et en plein centre ville, étaient en train de soumettre un marin, lui aussi américain mais de type asiatique, à une sorte de lynchage rituel (c’était l’usage, à l’époque).

Je sortais en ce moment du journal (à l’époque les quotidiens « bouclaient » au petit matin) et j’intervins en arrivant à arrêter le lynchage tout juste le temps que l’un de mes collègues courre à appeler en renfort des citoyens de bonne volonté, qui dispersèrent les marines.

1975. Pendant une enquête dans une prison, je fus agressé par un «commando» de 5 tueurs armés de couteaux et de matraques. J’en désarmais trois et tins les autres à distance, m’en tirant d’affaire avec deux coupures superficielles.

Les prisonniers, vu cette agression contre un journaliste qui venait s’intéresser à leur situation, se livrèrent à une protestation en ma faveur qui dégénéra en révolte.

Cela en Italie.

En France a fait du bruit l’article du quotidien « Le Parisien » que j’ai déjà cité.

Il affirmait que j’avais brutalisé deux gardiens de gymnases, qui par conséquent avaient été hospitalisés avec des longs arrêts de travail.

Ce qui avait été lu, à vrai dire, avec étonnement par ceux qui connaissent ma non violence.

En réalité ces affrontements avaient eu lieu effectivement (dans le deuxième cas j’étais âgé de 71 ans et je pesais 73 kilos, et l’autre avait une trentaine d’années de moins, pesait une quarantaine de kilos de plus, était super-musclé et faisait du karaté « très poussé »).

Et les deux – qui en vérité n’étaient pas des champions de politesse - avaient été effectivement hospitalisés, tandis que je n’avais eu même pas une égratignure.

Mais les choses ne s’étaient pas passées exactement comme racontées par « Le Parisien », ainsi qu’établi par la magistrature.

En réalité il résulta que, dans leurs tentatives de m’agresser, ces deux gardiens… s’étaient fait mal tout seuls.

Et pour le premier des deux, j’avais dû moi-même lui empêcher se faire encore plus mal, en l’immobilisant au sol.

« Cela arrive, lorsqu’on agresse un maître de Ju-Jitsu» fut le commentaire d’un bon esprit.

Et le directeur, un rédacteur et l’éditeur du Parisien se virent justement condamnés pour diffamation, avec jugement définitif et exécutoire.

Et les autres gardiens des gymnases parisiens, une fois cette histoire éclaircie par la magistrature, tinrent nombreux à me manifester leur sympathie la plus vive.

Voilà pour ce qui concerne mon « palmarès »… En me bornant, je répète, à des épisodes déjà largement nus, car reportés par la presse.

2 - France-Judo : Etes-vous solidaire des propos tenus par l’agence internationale de presse InfoInter ?

Maître Surace : Infos-Inter n’a fait qu’appliquer scrupuleusement son droit-devoir d’informer le public (et donc aussi les autorités) sur des questions d’intérêt général, ce qui est précisément la fonction essentielle du journalisme dans un pays démocratique, qui justifie même la liberté de presse.

D’ailleurs ce n’est pas étonnant, vu que par exemple le prestigieux Institut d’Histoire des Médias de l’université de la Sorbonne a indiqué publiquement l’équipe de Infos-Inter comme modèle pour toute la presse d’objectivité, précision et profondeur d’information.

3 - France-Judo : On vous reproche des raccourcis faciles, notamment en faisant des amalgames entre les professeurs de judo et les pédophiles, n’est ce pas indigne du journaliste professionnel que vous êtes ?

Maître Surace : Ce qui est indigne est qu’on puisse affirmer que je fais un…
« amalgame entre les professeurs de Judo et les pédophiles », mon estime pour les profs de Judo étant bien connue.

Tous les profs de judo que j’ai connus (et ils sont nombreux) sont des personnes très dignes.

D’ailleurs l’essor de notre organisation est dû en grande partie à des profs de Judo qui, ayant compris d’emblée la valeur de notre Ju-Jitsu, se sont mobilisés pour nous faire avoir la plupart des salles que nous utilisons, et plusieurs sont devenus mes élèves et maintenant même des cadres de notre structure.

On peut affirmer que les profs de Judo – je l’ai déjà dit - sont pour le 99,99 % très corrects. Et cela rend encore plus grave le fait que leur image ait pu être compromise parce que M. Rougé - d’abord, je répète, en tant que directeur technique national, ensuite directeur administratif et actuellement président de la FFJDA - a créé des conditions qui, bien prévisiblement, ont permis à des pédophiles d’agir dans le Judo français.

J’ai vu que ces remarques de « faire un amalgame etc. etc. » ont été adressées aussi à « Infos-Inter », évidemment faute de savoir lire le français, vu que cette agence, dans ses reportages, a affirmé on ne peut plus clairement qu’ « il s’agit sans doute d’un phénomène affectant une partie très limitée, voire infime, de profs et de dirigeants » s’agissant d’une catégorie « constituée en réalité, dans son écrasante majorité, d’éléments propres et très méritants, souvent même bénévoles, qui donnent le meilleur d'eux-mêmes à cette discipline sportive ».

En ajoutant aussi un commentaire assez pertinent :

« Les profs et les dirigeants de Judo peuvent donc remercier M. Rougé, et sa vive attirance pour l’argent de l’Etat, qui l’a fait passer irresponsablement outre à une prudence élémentaire, avec des conséquences si désastreuses pour l’image du Judo et de ses professeurs, ainsi que pour certains malheureux gamins ».

4 - France-Judo : Vous clamez le manque de réalisme du Jujitsu FFJDA, pourtant certaines de vos techniques comme « la toupie en distribuant des gifles » semblent totalement inefficaces et suicidaires puisqu’elles exposent le dos ?

Maître Surace : Ceux qui s’étonnent de ces mouvements n’ont manifestement aucune idée des affrontements en situations réelles, qui par contre intéressent spécifiquement le Ju-Jitsu.

Ces affrontement sont provoqués en général soit par un seul adversaire qui se sent physiquement ou techniquement plus fort ou est armé, soit par plusieurs adversaires qui normalement encerclent l’agressé, pouvant ainsi l’attaquer de tous les côtés.

Dans ce deuxième cas l’agressé se trouve constamment avec son dos tourné vers quelques agresseurs, dos qui devient automatiquement le cible préféré par ces derniers, étant entre autre en dehors de l’arc visuel de l’agressé, vu qu’on n’a pas un… troisième œil derrière la tête.

Il n’est donc pas étonnant que le Ju-Jitsu authentique ait développé des techniques et des enchainements très sophistiqués visant non seulement à protéger efficacement le dos, mais à profiter des attaques au dos pour déstabiliser l’agresseur et même le mettre KO.

Cela aussi par des déplacements qui peuvent apparaître à peu près circulaires, mais c’est moins simple que cela (ce que tu appelles « toupies »…) qui permettent à l’agressé de visualiser constamment tous les agresseurs et à créer autour de lui un espace où s’aventurer devient plutôt risqué et décourageant.

Et l’une des techniques les plus efficaces pour protéger son dos et contrer les attaques qui le visent est, par exemple, l’ushiro-geri direct aux genoux, qui est d’ailleurs l’un des coups les plus redoutables de la savate traditionnelle, et qui pas par hasard est interdit dans tous les sports de combats pour ses effets souvent dévastateurs.

D’autant qu’à cet ushiro-geri peuvent être liés plusieurs types d’enchaînement, par exemple en le faisant suivre instantanément par un shuto renversé à la figure (atemi interdit lui aussi dans pratiquement tous les sports de combat).

Or, certaines de ces techniques et mouvements efficaces contre plusieurs adversaires, le sont à plus forte raison contre un seul.

Et donnent un avantage étonnant sur ceux qui sont formés aux combats linéaires contre un seul adversaire, comme normalement dans les sports de combat.

Et cela est constaté tout de suite par les pratiquants avancés d’autres arts martiaux ou sports de combats qui viennent chez nous se confronter, et voient qu’avec leurs actions « linéaires » ils manquent cruellement de moyens d’empêcher à mes élèves de les toucher comme ils le veulent.

Après quoi, logiquement, ils s’inscrivent à nos cours.

Il suffit de regarder comment mon élève Mathieu Nicourt, auquel je venais de donner la ceinture noire 1er dan après un an et 7 mois de pratique - ce qui était normal aussi dans les vieilles écoles de Ju-Jitsu, le 1er dan indiquant tout simplement qu’il ne s’agissait plus d’un débutant - a obligé à s’incliner d’abord un 4e et un 3e dans de karaté, pratiquant depuis des années et formés au Japon, en utilisant exclusivement ce que tu appelles « toupie » et l’enchainement ushirogeri-shuto renversé…

Et ensuite (en utilisant encore systématiquement la… « toupie ») aussi leur maître japonais 8e dan du Shito-ryu Shutokai, 6e dan de la française FFKAMA, et ancien capitaine de l’équipe de Karaté de l’université d’Osaka, bien plus lourd que lui et dans le plein de sa forme…

Les faits sont là, durs comme les pierres.

D’ailleurs ceux qui connaissent vraiment le Judo en profondeur savent que maître Jigoro Kano, dans la toute dernière période de sa vie, s’était appliqué à étudier ces mouvements circulaires dont il avait eu vent, mais que les écoles de Ju-Jitsu du Butokukai se gardaient bien, et pour cause, de lui livrer.

Il essayait donc d’y remonter tout seul, sur la base de ce qu’il avait pu entrevoir, et en tira même un kata, l'Itsutsu-no-kata, qualifié aussi de « kata inachevé » (maître Kano n’ayant pu poursuivre sa recherche étant décédé entre temps) pour lequel il tint à souligner qu’il exprimait certains principes fondamentaux du Ju-Jitsu : mobilisation de l'énergie par la force centripète, vide, résistance, alternance.

Quant à ce que tu appelles « gifles » il est évident que, dans les combats d’entrainement ou de compétition sans protections, on ne peut pas lancer des atemis dévastateurs…

Et pourtant s’entrainer à ces combats est essentiel en Ju-Jitsu, certains reflexes indispensables ne pouvant être acquis qu’en les pratiquant.

Si bien qu’à la place de certains atemis on lance, par exemple, ces « gifles » qui ont tout simplement la fonction de prouver que l’adversaire n’a pas su protéger son visage et donc les nombreux point sensibles et vitaux qui s’y trouvent (yeux, base du nez, gorge, menton, tempes et encore) ce qui, en situation réelle, serait très dangereux.

Ces « gifles » apprennent donc, en entrainement, à protéger son propre visage et, en compétition, celui qui en reçoit une est pénalisé par l’attribution d’un point à l’adversaire.

Il est évident que, en cas d’agression réelle, ces « gifles » deviennent des atemis (shuto, aito, nukité, teicho, tsuki, etc.) avec des effets bien différents, visant toutefois normalement à choquer un instant l’agresseur pour pouvoir lui appliquer une technique qui le bloque sans le blesser grièvement.

Car, à un certain niveau, le Ju-Jitsu ne permet pas seulement de se défendre, mais aussi de le faire sans produire à l’agresseur des dégâts physiques importants, sauf évidemment en cas extrêmes.

Si bien que cet art martial sorti du moyen âge japonais est très actuel pour la société moderne, évitant entre autres des conséquences judiciaires.

Si en fait on blesse grièvement ou à la limite on tue, on devra ensuite en répondre en justice… Et il n’est pas toujours aisé de prouver qu’on était en état de défense légitime, car soit il n’y avait pas de témoin, soit les témoins se sont « volatilisés » ou sont liés à l’agresseur, soit il sont malhonnêtes…

En tous cas, on est à la merci de témoins pas toujours fiables.

Etre capable de bloquer un agresseur sans le blesser met donc à l’abri de ces conséquences fâcheuses.

Certes ce critère de neutraliser, sans lui produire des dommages sérieux, même un agresseur qui vise à te tuer, est déjà en soi un concept philosophique profond, qui va bien au-delà du critère de défense légitime.

En fait les arts martiaux japonais à un certain niveau ont, je l’ai déjà dit, un code, le « Bushido », dont l’une des règles principales est Jin, bienveillance envers l’humanité.

Certes il faut avoir les moyens pour l’appliquer, et le Ju-Jitsu Butokukai en donne d’efficaces…

5 - France-Judo : Lors de mon BE, mon professeur de Jujitsu attachait un grand soin à son attitude et à sa tenue, se contentant modestement d’un deuxième Dan. Sur les vidéos, vous semblez dégager du dédain et de la suffisance pour vos partenaires, votre kimono est dans un état déplorable néanmoins vous arborez fièrement votre ceinture rouge, qu’en pensez vous ?

Maître Surace : Sans doute il est bien que le kimono soit propre et correct, mais il ne faut pas que cela soit un alibi pour cacher le manque de substance.

Je ne dis pas qu’il faut prendre exemple de Takeda Sokaku, l’énorme maître de JuJitsu (énorme non pas de taille physique, mais par sa compétence et son efficacité) qui se présentait même aux autorités en tenue presque de clochard et pourtant on lui professait un grand respect, sa tenue n’étant pas ce qui comptait…

A ce propos, je ne veux pas gâcher ni profaner tes souvenirs, auxquels tu restes compréhensiblement et humainement attaché, mais une confirmation de tout cela est justement ton prof qui te préparait, comme tu dis, en Ju-Jitsu pour le brevet d’Etat.

Il avait un kimono très propret mais, hélas, il ne savait rien de Ju-Jitsu, ne connaissant que celui bidon de la FFJDA…

Evidemment ce n’était pas de sa faute, n’étant que l’une des innombrables victimes (ainsi que, par conséquent, toi-même) de la fameuse arnaque.

Quant à moi, il est évident que tu fais allusion à une vidéo installée sur Internet dans un site, Youtube, sur lequel se sont lancés pleins d’espoir certains animés d’une grande envie de trouver quelques arguments pour nous critiquer, faute de mieux.

L’histoire de cette vidéo est pourtant assez simple. Pendant mes vacances d’été, il y a une douzaine d’années, l’un de mes élèves avait invité moi et ma fille Marina dans un manoir du 12e siècle dans le Lot-et-Garonne, qui organise des séjours touristiques-culturels.

Les dirigeants d’un club d’arts martiaux du coin, ayant su de ma présence, me demandèrent s’ils pouvaient me montrer ce qu’ils faisaient, vu qu’ils s’inspiraient, d’après eux, du Ju-Jitsu.

Evidemment j’y consentis, et ils firent leur démonstration dans une salle assez suggestive, bien qu’un peu en ruine, de ce manoir, sur un tatami qu’ils avaient amené.

Terminée leur démonstration, ils me demandèrent ce que j’en pensais.

En les voyant si motivés, je voulus leur donner quelques idées qui contribuent à les faire progresser.

Et, comme j’avais remarqué qu’ils exécutaient leurs techniques de façon, dans leur esprit, « parfaite », en bougeant dans ce but de façon rigide et contractée, je leur fis remarquer que les techniques sont tout simplement des modèles à pratiquer pour acquérir certain réflexes, mais que dans leur application concrète il faut être en mesure de les adapter rapidement aux situations, selon certains critères.

Car l’adversaire ne réagit pas toujours selon ce qu’on avait prévu, et pourtant il faut en tout cas le neutraliser instantanément par l'une ou l'autre des techniques qui le permettent, selon la situation qui se présente, et pas forcément par la technique que nous souhaitions au départ.

Et il faut savoir profiter du mouvement de l'adversaire même si l'autre ne porte pas vraiment un coup, par exemple en cas de feinte.

Le but est la neutralisation immédiate de l'adversaire, pas de faire la technique qui nous plait.

Car il ne s’agit pas d’aïkido ou d’un sport de combat, mais d'un art martial de survie.

Pour cela il faut s’habituer, dans les entraînements, à ne pas avoir une attitude rigide, mais décontractée, qui aidera à s’adapter à toute situation, et aussi à ne pas entraver sa propre respiration.

On peut certes partir avec l’intention d’effectuer une technique précise mais, face à une réaction imprévue de l’adversaire, il faut la remplacer par une autre appropriée même, par exemple, par un ou plusieurs atemis différemment appuyés, qui sont bien prévus et très importants en Ju-Jitsu.

Dans le Ju-Jitsu supérieur en fait l'atemi-waza est un ensemble de techniques et d’enchainements très subtils et efficaces, dont on peut même régler le niveau de violence selon les circonstances.

Je pensais même illustrer ces concepts avec quelques exemples pratiques, mais je n’avais pas amené avec moi mon kimono, et ils ne disposaient que d’un seul kimono propre à me prêter, les autres, utilisés dans leur démonstration, étant trempés de sueur.

Et ce kimono ils ne l’avaient pas utilisé car il n’était pas trop présentable, n’ayant pas été repassé…

Bon, vu que nous étions dans une ambiance conviviale je ne me formalisai pas, et mis ce kimono même s’il était aussi un peu petit par rapport à ma taille.

Et comme je n’avais pas non plus ma ceinture rouge, ils me donnèrent la plus
« haute » qu’ils avaient, blanche et rouge (en fait dans cette vidéo je n’ « arbore » pas « fièrement » une ceinture rouge, mais une blanche et rouge).

Après quoi je fis d’abord enlever leur tatami car, je précisai, il faut s’habituer à s’entrainer sur le sol dur, vu qu’en cas d’agression on ne peut pas aller chercher un tatami.

Et je leur fis remarquer que je n’avais fait aucun échauffement vu que, si quelqu’un nous agresse, on ne peut pas lui dire « attends, je dois
m’échauffer ».

Pour montrer pratiquement ce dont j’avais parlé, je demandai à mon élève de ne pas faire des attaques codifiées, mais des mouvements imprévisibles, pour que je puisse montrer la nécessité d’adaptation.

En outre je tins à adopter une attitude décontractée, même l’exagérant un
peu pour la rendre plus évidente (c’est l’attitude que tu prends pour…
« méprisante »).

Ces mouvements furent filmés par ma fille Marina et nous en donnâmes à ce club une copie, qui par la suite est évidemment tombée dans le site Youtube et on a essayé de l’utiliser, faute de mieux, pour y appuyer des remarques pleines de bonne volonté sur le kimono que je portais et sur mon attitude…

6 - France-Judo : Comment faites-vous pour organiser des compétitions alors que vos techniques sont censées être très dangereuses voire mortelles, n’y a-t-il pas de risque pour vos pratiquants qui combattent sans protections ?

Maître Surace : Nos techniques de Ju-Jitsu supérieur ne sont pas « très dangereuses voire mortelles » comme dicté par ton imagination… mais visent
à neutraliser sans blesser grièvement, sauf en cas extrêmes.

Dans nos combats on suit le critère qu’aucun réflexe, technique ou posture de protection ou d’attaque qui soit efficace en situations réelles ne doit être entravé, empêché ou faussé par le règlement ou l’arbitrage; à la condition qu’on l’applique sans porter atteinte physique grave à l’adversaire.

Et ce règlement a fait ses épreuves dans les 4 éditions de notre Coupe du monde WBI de Ju-Jitsu (1993, 1994, 1997, 2004) et tous les jours depuis 18 ans dans nos combats habituels d’entrainement.

Evidemment dans les combats d’entraînement ou de compétition on ne frappe pas le visage avec des atemis, en se bornant à ce que tu appelles « gifles » qui n’ont pour but que de prouver que l’adversaire n’a pas su protéger son visage avec ses nombreux points sensibles et vitaux, ce qui serait très grave en situation réelle.

Par conséquent en compétition celui qui subit une de ces « gifles » (parfois assez rudes) est pénalisé par l’attribution d’un point à l’autre.

C’est ainsi que nous avons obtenu le résultat que dans nos compétitions il n’y a pas pratiquement d’accidents, bien qu’aucune technique efficace dans la réalité n’y soit interdite, et bien qu’ils se déroulent de façon extrêmement dynamique et réaliste, sans protections sauf coquille.

Par contre, en cas d’agression réelle, les « gifles » deviennent des atemis (shuto, tsuki, aito, nukite, teicho, etc.) dont le niveau d’impact peut être proportionné à la situation.

En entrant davantage dans les détails, dans nos compétitions on vise à évaluer le plus fidèlement possible le niveau d’efficacité des réflexes des compétiteurs en cas de situations «réelles», «de combat total», «de survie».

C’est-à-dire face à un adversaire même beaucoup plus lourd et plus fort physiquement, et qui ne pose aucune limite à ses attaques.

Cela en créant des conditions de combat qui permettent d’évaluer la capacité :

- de protéger ses propres points sensibles et vitaux face aux attaques d’un adversaire de ce type.

- de s’opposer à un tel adversaire sur un sol normal (et donc sans tatami) par des techniques de neutralisation (clés, strangulations, projections, immobilisations appropriées etc.) et d’action sur les points sensibles qui ne portent pas d’atteintes graves à son intégrité physique.

Cela en conformité – je répète - à l’esprit Budo , valable aussi pour les situations réelles.

Je sais bien qu’une question qui tourmente pas mal d’organisateurs de compétitions est comment se rapprocher le plus possible des affrontements réels, mais sans porter grièvement atteinte à l’intégrité physique des compétiteurs.

Ce problème ressemble un peu à la quadrature du cercle, à cause des contradictions intrinsèques, apparemment insurmontables, qu’il comporte.

Ceux qui ont essayé de le résoudre ont suivi des voies différentes.

La première a été celle d’organiser des compétitions où «tous les coups sont permis» sur n’importe quelle partie du corps, sans limitation de violence. Ces tentatives se sont conclues normalement avec des accidents graves. On a été obligé d’arrêter ou on est tombé dans la clandestinité.

Une deuxième voie a été celle d’organiser des combats où on affichait toujours que tout y était permis (sauf s’arracher les yeux…) mais en réalité se déroulant avec des règles cachées au public, où la violence des coups sur les points vitaux devait être limitée, quoique simulée (Ultimate figthing, Vale Tudo, Ju Jitsu brésilien, Wrestling, etc).

L’existence de ces règles cachées est rendue évidente du fait, par exemple, qu’on n’y a jamais vu, dans ces combats «totaux», des shuto à la nuque ou à la gorge, ou des coups de pied ou de genou aux parties génitales, et qu’il n’y a presque jamais eu d’accidents graves. Il s’agit donc de combats faussement «totaux».

Si tout y était vraiment permis, on serait retombé dans le cas précédent, avec les accidents qu’il comporte.

Une troisième voie est celle d’organiser des compétitions avec des règlements manifestes, comportant beaucoup d’interdictions, avec des disciplines - par exemple le Ju-Jitsu - caractérisées par contre par le fait que tout y est permis.

Le résultat a été des combats où la discipline affichée est totalement déformée et dénaturée, jusqu’à la caricature. C’est la voie suivie, par exemple, par la FFJDA.

Il y a aussi une quatrième voie, celle justement élaborée par notre organisation.

7 - France-Judo : Pourquoi vos combattants ne s’expriment-ils pas en compétition dans des systèmes ou presque tout est permis comme la Boxe Taï, Chute Boxe, Pancrace, Free Fight ?

Maître Surace : Mais plusieurs de mes élèves ont participé à des compétitions de ce genre, et avec des succès brillants…

Par exemple Mathieu Nicourt qui a été deux fois champion d’Europe de vale Tudo en Angleterre et ensuite champion de l’IFC (International Fighting Championship) aux Etats-Unis.

Ou Alexis Genre qui a gagné le « Super-fight », la compétition-clou au « 1er Tournoi des Ceintures d’Or » à Narbonne en 1997.

Voire Andrea Stoppa, qui est devenu un grand champion de kyokushinkai et d’autres disciplines, en conquérant la première place ou le podium dans plusieurs championnats européens et mondiaux, y compris à Tokyo.

Mais, en général, je n’encourage pas mes élèves à cela.

En fait dans ces compétitions où presque tout est permis, le problème est justement dans ce « presque » : qui signifie qu’y sont interdites les techniques plus efficaces en situations réelles.

Si bien que mes élèves, dans des compétitions de ce genre, pour ne pas se faire disqualifier, seraient obligés d’effacer toute une série de reflexes qui par contre ont une importance vitale dans des situations réelles, qui sont celles qui intéressent en Ju-Jitsu.

Et donc leur efficacité en situations réelles se retrouverait diminuée.

En fait dans un combat on agit en grande partie selon les réflexes qu'on a acquis, et les réflexes de mes élèves contrastent trop avec les règlements de ce type de compétitions.

Si bien que, face à des adversaires qui attaquent brutalement mais exposant sans cesse leurs points sensibles et vitaux le plus dangereux (nuque, gorge, yeux, parties génitales, reins, colonne vertébrale, etc.) vu qu’ils sont protégés par le règlement, à nos élèves peuvent fatalement échapper quelques uns des reflexes réalistes qu’ils ont acquis dans nos entraînements, et donc se voir disqualifiés.

Surtout si l’adversaire, n’arrivant pas à prévaloir, et estimant pour une raison ou l’autre que l’arbitre ne le censurera pas, sort du règlement et place quelque coup interdit.

C’est précisément ce qui s’est passé à la seule compétition de ce type à laquelle un de nos clubs a participé officiellement, le « 1er Tournoi des Ceintures d’Or ».

Où par exemple à mon élève Olivier Mingot, ayant reçu un coup de genou au visage interdit par le règlement, se déclencha instantanément le réflexe de lancer un coup de genou aux parties génitales de son adversaire, qui se retrouva "ko" malgré sa coquille, avec intervention de la Croix Rouge.

Si bien que le public - auquel la presse locale avait annoncé qu'il se serait agi de combats où tout était permis, ou presque - adressa à Mingot une véritable ovation.

Ou bien un autre de mes élèves, Alexis Genre, qui par une foudroyante clé en projection dévissa presque le bras de son adversaire qui dut être hospitalisé en urgence.

A ce point je dus avoir recours à toute mon autorité pour empêcher à d'autres de mes élèves d'avoir à leur tour, face aux débordements de certains adversaires, d'autres réactions de ce type qui auraient donné du travail supplémentaire à l'hôpital local.

Cela donna lieu aux situations les plus curieuses. Certains de mes élèves par exemple, pour ne pas frapper les points sensibles de leurs adversaires, totalement découvert pendant leurs attaques, préféraient sortir du tatami…

Il est évident qu’après ce tournoi moi et les autres dirigeants de notre organisation avons décidé de ne plus participer avec notre label à des compétitions où « presque » tout était permis…

Ce qui n’a pas empêché certains de mes élèves de participer pour leur compte, comme nous avons vu, à des compétitions de ce genre, en reportant des brillants succès.

En tout cas nous acceptons aux compétitions que nous organisons tous les combattants qui le souhaitent, de n’importe quel style à main nue.

Mais une grande partie de ces combattants d’autres styles sont découragés d’y participer car nos compétitions se déroulent sur le sol dur, et non pas sur le tatami douillet, et tous les coups y sont vraiment permis, quoique sans blesser grièvement.

8 - France-Judo : Vous insistez sur les subventions de l’Etat que reçoit la FFJDA, qu’en est-il pour vous ? Combien compte de pratiquants le Butokukai ? Qu’elles sont les tarifs des cours, de la licence ?

Maître Surace : Je ne suis certes pas contre le fait que les pouvoirs publics subventionnent des activités sportives ou martiales, mais contre le fait qu’ils le fassent pour des activités qui abusent la bonne foi des jeunes gens, et des citoyens en général, comme la FFJDA en présentant comme Ju-Jitsu quelque chose qui n’y a rien à voir.

Quant à nous, nos divers clubs bénéficient chacun de petites subventions de la part des autorités du coin, et des salles que celles-ci mettent à leurs disposition gratuitement, ou contre des faibles loyers.

Notamment le club parisien (le Koryu Club de France, ex Yawara) depuis des années ne reçoit pas de subventions en argent (même parce qu’il ne les demande pas) mais seulement l’usage de salles de la Mairie ou d’Instituts d’enseignement supérieurs.

Sauf une subvention pour la Coupe du monde WBI de Ju-Jitsu qu’il a organisée à Paris en 1994.

Il est en fait subventionné par ses propres adhérents et si, à la fin de l’année, il y a un déficit, il est comblé par des contributions gracieuses de ses dirigeants.

Les licences-assurances sont de 32 euro, et chaque club a ses propres cotisations qu’il administre de façon autonome. La cotisation annuelle de celui de Paris, bien connue car indiquée entre autre dans nos sites web, est de 365 euros (ordinaire) et 280 (étudiants). Avec possibilité de pratiquer tous les jours, si on le souhaite.

Nos adhérents en France et dans les autre pays (Espagne, Italie, Royaume Uni, Suisse, Belgique, Allemagne, Hongrie, Etats-Unis, Canada, Australie) ne dépassent pas les 9000 unités.

En fait nous accueillons tout le monde, sans distinction de niveau social ou culturel, de nationalité, de religion ou d’orientation politique, mais par la suite la sélection est très rigoureuse, car la formation technique doit être accompagnée en parallèle par une formation éthique adéquate, ne pouvant donner nos techniques à n’importe qui, mais uniquement à qui donne des garanties suffisantes de ne pas en abuser.

9 - France-Judo : Que pensez vous de Jacques Jean Quéro, GrandMaster en Jujitsu Originel, son degré de maîtrise et sa force intérieure sont ils supérieurs aux vôtres ?

Maître Surace : Soyons sérieux… Nous savons tous - y compris, je crois, Quéro - que certains… « pouvoirs » sont des fantaisies, mais cela est beaucoup moins grave que les fantaisies, par exemple, de Rougé et Domagata qui affichent comme Ju-Jitsu quelque chose qui n’en est pas.

Quéro au fond satisfait les aspirations de personnes qui aiment rêver, tandis que ces deux là abusent, depuis des années, des centaines de milliers de jeunes et moins jeunes, voire l’Etat, en collant abusivement l’étiquette de Ju-Jitsu à quelque chose qui n’y a rien à voir, et obtenant ainsi, de certains bureaux de l’Etat, privilèges, « délégations » et grosses sommes d’argent.

Ce qui est bien plus grave.

10 - France-Judo : Beaucoup de judokas aimeraient tester l’un de vos cours afin de se faire une idée de votre enseignement, êtes vous prêt à les accueillir ?

Maître Surace : Mais nous faisons cela depuis désormais 18 ans… Tous ceux qui souhaitent s’essayer avec nous sont les bienvenus.

Entre autre il est prévu et conseillé, dans notre méthode, que nos élèves se confrontent avec des pratiquants d’autres arts martiaux ou sports de combat.

D’ailleurs, pour une bonne partie de nos élèves, c’est ainsi qu’ils sont arrivés à s’inscrire chez nous, après être venus se tester.

Nos élèves proviennent pour la plupart des arts martiaux les plus divers, s’étant inscrits à nos cours pour se perfectionner. Ce qui me donne depuis des années, sans le vouloir, le panorama complet et détaillé du niveau d’efficacité sur le terrain de tous les arts martiaux en France. Et donc on ne peut pas me raconter des histoires…


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